Une équipe de France pour le logement

Logement : et si, enfin, quelque chose était en train de changer ?

Pendant des mois, le secteur du logement a eu le sentiment de parler dans le vide.

Promoteurs, bailleurs, élus, professionnels de l’immobilier, entreprises du bâtiment : tous alertaient sur la gravité de la crise. Moins de permis, moins de mises en chantier, moins d’investisseurs, moins d’offre locative. Pendant ce temps, les besoins continuaient d’augmenter.

Mais depuis quelques semaines, un changement de ton et de méthode semble enfin apparaître.

Le lancement officiel du comité de suivi du plan « Relance Logement » marque peut-être un tournant. Pour la première fois depuis longtemps, l’ensemble des acteurs de la chaîne du logement se retrouve autour d’une même table, avec un objectif clair, chiffré et partagé : construire 2 millions de logements d’ici 2030 et retrouver un rythme de 400 000 logements par an. -

Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’annoncer un plan supplémentaire. Il s’agit d’organiser une méthode, un pilotage, des objectifs suivis dans le temps et, surtout, une forme de mobilisation collective.

Autour du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, ce que certains appellent désormais « l’équipe de France du logement » réunit enfin tous ceux qui peuvent réellement faire bouger les choses : la Fédération des Promoteurs Immobiliers, la Fédération Française du Bâtiment, la Fédération Nationale de l'Immobilier, l’Union sociale pour l'habitat, Action Logement, la Banque des Territoires, les architectes, les aménageurs, les bailleurs et les élus locaux. 

Et il faut le reconnaître : les premières mesures vont dans le bon sens.

D’abord parce qu’elles s’attaquent enfin à ce qui bloque réellement la construction : la lenteur des procédures. Aujourd’hui, un programme immobilier peut mettre jusqu’à dix ans à voir le jour, dont à peine deux ans et demi de chantier effectif. Tout le reste n’est souvent qu’une succession de recours, de validations, de normes et de délais administratifs. 

Le gouvernement veut donc remettre le maire au centre du jeu. Demain, l’élu local pourra porter un projet, avec une validation accélérée par le préfet. Mieux encore : les futures « opérations d’intérêt local » pourraient permettre, dans certains territoires, de raccourcir fortement les délais pour les projets jugés prioritaires. Une forme de « voie rapide » du logement, inspirée de ce qui a été fait pour les Jeux olympiques ou pour la reconstruction de Notre-Dame. 

C’est probablement l’une des avancées les plus importantes de ces dernières années. Car la crise du logement n’est plus seulement une crise du financement : c’est aussi une crise du temps.

Autre signal positif : le gouvernement ne mise plus uniquement sur le logement neuf. Il veut aussi remettre plus vite sur le marché des milliers de logements existants.

Transformation des bureaux vacants en logements, accélération de la rénovation énergétique, remise sur le marché de biens vacants ou dégradés, sécurisation des propriétaires contre les impayés : autant de leviers qui peuvent produire des résultats beaucoup plus rapidement qu’une construction neuve classique. 

L’autre nouveauté majeure, c’est le retour assumé de l’investissement locatif.

Après la fin du Pinel, beaucoup craignaient un vide durable. Mais le nouveau statut du bailleur privé – parfois appelé dispositif Jeanbrun – pourrait progressivement recréer une dynamique. Il permet d’investir aussi bien dans le neuf que dans l’ancien avec travaux, partout en France, avec une logique plus simple, plus large et plus durable. 

Pour les investisseurs, les signaux redeviennent plus favorables : possibilité d’amortir une partie du bien, de déduire les charges et les travaux, davantage de visibilité fiscale et, demain peut-être, une extension du dispositif à la maison individuelle et au parc ancien. 

Ce mouvement arrive d’ailleurs au moment où le marché commence à montrer quelques signes de reprise.

Au premier trimestre 2026, les compromis de vente ont bondi de 36 % par rapport au trimestre précédent et de 98 % sur un an. Les stocks de biens repartent légèrement à la hausse et les prix se stabilisent enfin. Rien n’est encore gagné, mais le marché semble retrouver progressivement de la fluidité. 

Bien sûr, il reste énormément à faire.

Il faudra aller vite. Il faudra que les textes suivent. Il faudra que les maires s’emparent réellement des nouveaux outils. Il faudra aussi que les banques, les investisseurs et les promoteurs retrouvent de la confiance.

Mais pour la première fois depuis longtemps, le logement semble sortir du simple constat pour entrer dans une logique d’action.

Et c’est peut-être cela, la vraie bonne nouvelle.

La France ne manque ni d’envie de construire, ni de professionnels compétents, ni d’épargne disponible, ni même de projets.

Elle manquait surtout d’une direction commune.

Cette direction semble enfin commencer à émerger.